Comment peut-on vivre dans le silence ?

Il est des personnes qui ont offert au Bon Dieu leur faculté de parler, dans un sacrifice volontaire qui les a amenées à rentrer dans un ordre religieux contemplatif, par exemple. D’une autre manière, suite à un accident, une maladie ou un handicap, de nombreuses autres sont privées de l’usage de la parole ou de l’ouïe. Et pourtant, elles se font comprendre, et pourtant, elles arrivent à exprimer leur volonté, et pourtant elles méritent de vivre. Les sourds, par exemple, vivent dans le silence complet, et pourtant ils s’informent autre-ment, ils développent leurs facultés intellectuelles, ils méditent, ils ne font pas que seulement survivre, mais ils ont une vie à part entière compensant par leurs sens valides, leurs oreilles déficientes. La vie dans le silence n’est donc pas une diminution, une vie au rabais. Bien plus, elle procure une facilité nouvelle, un autre sens de la réalité, une disponibilité de l’âme qui nous rapproche intangiblement de Celui « qui nous apprend tout par son silence ».