Sous l’influence du Saint-Esprit

Notre vue est courte, nous ne voyons pas loin en nous-mêmes et nous avons un instrument bien propre à nous boucher les yeux : l’amour-propre qui nous cache les avenues de la prudence. La vie, personnes et choses, tourne sans cesse autour de nous. Nous ne voyons pas bien ou si nous voyons bien, nous n’avons pas la fermeté nécessaire pour nous imposer à nous-mêmes notre juge-ment. Pour ménager nos attaches, nos habitudes, nous rusons avec les inspirations de l’amour de Dieu. La vertu de prudence s’insère dans cette psychologie de misère : devenue nôtre il nous appartient de la manier, nous en gardons l’initiative. Pour venir en aide à cette faiblesse le Saint-Esprit s’interpose. Tantôt Il insinue, stimule, tantôt Il reprend, gourmande. Tantôt Il se fait juge : Il nous témoigne à l’inté-rieur que c’est bien ou que c’est mal. Soyons convaincus que nous sommes sous Son influence. Faisons-nous une habitude de recourir à Ses lumières quand le besoin s’en fera sentir, Il nous aidera à point nommé.
Père A. Gardeil, Le Saint-Esprit dans la vie chrétienne