Vieux Pèlerin qui vagabonde

 

           Une mélodie folklorique qui nous vient du Far West, pour les nombreux pèlerins qui chemineront vers Paris, Chartres, Cotignac, Compostelle, Lourdes, Pontmain… durant ce printemps pour la gloire de Dieu et de la Vierge-Marie.

  Un chant de marche à égrener de façon rythmée, avec vaillance, sans aucune mélancolie, comme tout pèlerin qui s’honore !

Vieux Pèlerin qui vagabonde
Je suis partout un étranger
Mais je suis sûr qu’en l’autre monde
Dieu va m’offrir où me loger

 

Je vais là-bas revoir mon père
Fini pour moi de cheminer
À l’autre bord de la rivière
Maison à moi, je vais trouver

 

J’achèverai bientôt ma route
J’entends tout proche le Jourdain
La mort n’a rien que je redoute
J’y laisserai tous mes chagrins

 

Je vais là-bas revoir ma mère
Près d’elle enfin me consoler
Sur l’autre bord de la rivière
À la maison, me reposer

 

Voici la fin de mes souffrances
Et le repos pour mon vieux corps
Voici venir la récompense
Par Dieu, promise à mes efforts

 

Je vais là-bas parmi les anges
En oubliant mes vieux soucis
Passer mon temps à sa louange
Dire à Jésus sans fin, merci.

 

 

Vieux Pèlerin · Jean Weber (spotify.com)

 

 

 

Veni Creator Spiritus – M-R Delalande

Notre citation pour mai et juin :  

« Il n’y pas plus de différence entre l’Evangile écrit et la vie des saints qu’entre une musique notée et une musique chantée. »

Saint François de Sales

Veni Creator Spiritus

Grand Motet pour chœurs et orchestre

            L’origine du Veni Creator, très ancienne (renaissance carolingienne), est discutée (œuvre de Raban Maur ou de saint Grégoire ou de saint Ambroise, ou même de Charlemagne)… Hymne grégorien, il est ensuite interprété sous forme polyphonique (XIVème siècle). En janvier 1579, il est notamment chanté lorsque sont nommés les premiers chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit par Henri III.

  Au XVIIème siècle, le Veni Creator est interprété sous forme baroque, par des « motets » (composition musicale à plusieurs voix et/ou instruments). Delalande arrive à Versailles en octobre 1685, le « Lully français » y restera jusqu’à sa mort en 1726. Il composera exclusivement en latin, selon l’exigence de Louis XIV, pour les messes et offices de la Chapelle Royale de Versailles et donnera au motet son expression la plus magistrale (soixante-dix-sept grands motets (ou à « Grand chœur »), et cinquante-trois petits motets). Ce Veni Creator Spiritus fut composé en 1684 et remanié en 1689.

 

Veni, creator Spiritus,
Mentes tuorum visita,
Imple superna gratia
Quæ tu creasti pectora.

Venez, Esprit Créateur,
Visitez l’âme de vos fidèles,
Remplissez de la grâce d’En-Haut
Les cœurs que vous avez créés.

 

Qui diceris Paraclitus,
Altissimi donum Dei,
Fons vivus, ignis, caritas
Et spiritalis unctio.

Vous qui êtes appelé Consolateur,
Don du Dieu Très-Haut,
Source vive, feu, amour,
et onction spirituelle.

 

Tu septiformis munere,
Digitus paternae dexterae.
Tu rite promissum Patris,
Sermone ditans guttura.

Vous  le don septuple,

Le doigt de la droite du Père,

Vous solennellement promis par le Père

Qui faites vibrer notre voix par votre parole.

 

Accende lumen sensibus
Infunde amorem cordibus,
Infirma nostri corporis
Virtute firmans perpeti.

Mettez la lumière dans nos esprits,

versez l’amour dans nos coeurs

et l’infirmité de notre corps,

Soutenez-la par votre force.

 

Hostem repellas longius
Pacemque dones protinus;
Ductore sic te praevio
Vitemus omne noxium.

Repoussez bien loin l’ennemi

et donnez-nous vite la paix :

qu’ainsi sous votre conduite,

nous évitions tout mal.

 

Per te sciamus da Patrem,
Noscamus atque Filium;
Teque utriusque Spiritum
Credamus omni tempore.

Par Vous, que nous connaissions le Père,

que nous connaissions aussi le Fils,

et qu’en Vous, l’Esprit de l’un et de l’autre,

nous croyions toujours.

 

Deo Patri sit gloria,
Et Filio, qui a mortuis
Surrexit, ac Paraclito
In saeculorum saecula. Amen

Qu’à Dieu le Père soit la gloire,

ainsi qu’au Fils, qui des morts

Est ressuscité,  et au Saint-Esprit,

Dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

http://Veni creator, S. 14: Veni creator Spiritus • Michel Richard Delalande, Ensemble Correspondances, Sébastien Daucé (spotify.com)

Rendre possible le choix du bonheur

Mon fils Renaud a déjà 30 ans et ne se décide pas à se marier. Il reste dans son train-train confortable : son travail, sa voiture, son appartement et de bonnes amies… Se donner ? S’ouvrir à d’autres groupes d’amis ? Pour lui, l’effort n’en vaut pas la peine…

Marc, le mien a mis plusieurs années avant d’accepter sa vocation…

  C’est un fait, s’engager à des fiançailles puis au mariage, ou répondre à l’appel de la vocation sacerdotale ou religieuse, est une décision qui va changer le cours de notre vie. Il y a de quoi hésiter, douter, ne pas se sentir capable…

Comment se préparer pour se décider, au bon moment, sans hésitation ni faiblesse ? Le choix décisif nous mettra dans la voie du bonheur, le bonheur de savoir que nous faisons la sainte volonté de Dieu.

 

Se détacher, se donner, persévérer

  Dire « oui, je le veux », nécessite un triple effort : se détacher de son propre confort individualiste pour se donner par amour et pour persévérer dans les joies, les peines et les sacrifices de chaque jour.

  Que nous le voulions ou non, l’époque dans laquelle nous vivons nous influence tous. Elle encourage la satisfaction prioritaire des envies individuelles de confort, de consommation, d’indépendance, d’épanouissement égoïste, de loisirs… Sans nous en rendre compte, nous pouvons élever nos enfants comme s’ils devaient faire le bien naturellement ; nous sommes plein de bonnes intentions et de belles paroles, mais ne voulons pas de contrainte, pas d’effort régulier. Alors, nous sommes déçus lorsque le bien ne résulte pas naturellement de cette éducation sans rigueur. André Charlier en indique les conséquences dans sa « lettre aux parents » :

« Vos enfants ne comprendront rien à l’action de la grâce en eux, ils ne l’apercevront même pas car, lorsque la grâce nous demande quelque chose, c’est ordinairement quelque chose qui coûte : alors ils ne sauront pas lui répondre, ou bien répondront par un refus. »

 

Apprendre à savoir faire un bon choix

  Pour savoir faire le grand choix, exigeant et définitif le moment venu, il faut donc s’habituer à, régulièrement, se détacher du confort du quotidien pour se donner à une belle cause. Le choix de faire, chaque année, le pèlerinage de Pentecôte – 3 jours complets – est le moyen idéal pour s’entraîner !

 

Le pèlerinage est en effet l’image de la vie, dans tous ses aspects : le spirituel, la vie en société dans une atmosphère de chrétienté regroupant des milliers de personnes, avec leur village de toile, la chaleur de l’amitié dans un chapitre, le silence parfois, la monotonie ou l’effort de chaque pas, image des multiples « oui » de chaque jour.

  Une heure de pèlerinage, c’est un jour de notre vie, certains plus faciles et joyeux, d’autres plus souffrants, tous pour Dieu et le prochain. Ce sont les joies, les peines et les sacrifices qui s’entremêlent. Peu importe, il faut se donner, il faut marcher, sourire ou pleurer, se ressourcer aussi pour pouvoir continuer. Chaque pas est une preuve d’amour, parfois facile, parfois difficile ; comme les petits gestes qui rendent un ménage heureux ; comme les attentions, le sourire, >>> >>> les paroles ou les prières qui vont marquer une rencontre, toucher un cœur et aider à sa conversion.

  Le pèlerinage de Pentecôte est plus complet qu’une retraite, où l’on se retrouve seul hors du monde (retraite cependant nécessaire), plus éducatif qu’un sport même intense qui ne reflète qu’un objectif humain externe à notre être, plus exigeant qu’un pèlerinage à Lourdes qui impose peu d’effort physique.

 

En faire un rituel annuel, pour se fortifier

  La régularité d’une pratique aide à persévérer. En faire un rituel est un moyen éducatif formidable.

Qui n’apprend pas à ses enfants à se brosser les dents chaque soir, à faire son lit chaque jour (même vite fait…), à aller à la messe le dimanche ? Au bout d’un moment, on ne se pose plus la question : le soir, dentifrice, le matin tirer la couette, le dimanche la messe… Un rituel approprié est un rempart contre les tentations, une rampe pour s’aider à monter l’escalier du ciel, un exercice d’assouplissement de notre volonté propre.

  Ainsi, prendre l’habitude de faire le pèlerinage de Pentecôte chaque année est formateur pour préparer les grands choix de la vie.

  Nous ne nous donnons pas le choix de ne pas répondre, ni l’excuse d’avoir mieux à faire. Nous ne nous exposons pas à la tentation de la faiblesse naturelle, celle qui nous empêche de répondre à l’appel de Notre-Dame.

  Décider de faire le pèlerinage, c’est s’entraîner au triple effort : se détacher pour décider puis pour partir sans confort, se donner à Dieu ou aux autres, persévérer pendant 72 heures. C’est découvrir la joie de l’effort accompli, des grâces spirituelles et des amitiés, c’est se fortifier en voyant cette foule immense : nous ne sommes pas seuls !

  Le faire chaque année depuis l’âge de 7 ans, c’est, au bout de 14 pèlerinages, en arrivant à l’âge du choix de vie, avoir imité la préparation de Notre Seigneur parti 40 jours au désert avant de démarrer sa vie publique. Quelle meilleure préparation ?

  Bienheureux ceux qui ne se posent pas la question « qu’allons-nous faire à la Pentecôte ? » Chez nous la Pentecôte, c’est pour Notre-Dame, c’est la solennité du Saint Esprit dont nous avons tant besoin pour nous éclairer et nous fortifier. Ils nous attendent ! Pas de question sauf en cas d’examen, de naissance, de mariage ou de décès !

 

S’organiser pour le Bien Commun familial

  L’exemplarité des parents aux yeux des adolescents vaut mieux qu’un long discours.

Il est rare que les deux parents puissent venir ensemble : d’abord parce qu’il faut garder les enfants trop jeunes, ensuite parce qu’il faut rester avec ceux qui préparent des examens… Un des deux parents viendra marcher avec les adultes s’il le peut, ou avec l’encadrement des enfants, ou aider à la logistique. Celui qui reste, par le sacrifice qu’il accomplit et parce qu’il est un seul cœur et une seule âme avec son conjoint,   n’en réalise pas moins un pèlerinage méritoire>>>  >>> pour toute la famille.

Si les enfants doivent aller seuls, nous chercherons des amis pour assurer les trajets avant que l’encadrement des chapitres enfants ou ados ne prenne le relais.

 

  Comment résoudre le problème financier ? Au-delà des efforts d’anticipation, ayons l’humilité de nous faire aider. Sollicitons grands-parents, parrains ou célibataires de notre entourage…Avec l’accord du prêtre, montons une collecte auprès des personnes âgées : elles financeront le pèlerinage de jeunes pèlerins, en échange de prières pour leurs intentions ! Je l’ai vu faire, c’est efficace !

  Entraînons-nous à répondre oui à l’appel du pèlerinage, ce oui qui nous prépare à prononcer, le moment venu, le grand oui de notre choix de vie.

 

« Ami, rejoins-nous sur le chemin,

Portant ton fardeau avec entrain,

Quitte la pauvreté du confort,

Reçois les richesses de l’effort1 ».

 

  Notre-Dame nous rendra au centuple cet effort devenu rituel. Rendez-vous au pèlerinage !

 

  Hervé Lepère

 

A la croisée des chemins

Tu as vingt ans, tu penses que c’est le plus bel âge, âge des grands rêves et des promesses. Oui mais, c’est aussi l’âge des choix qui engageront ta vie. Aussi est-ce plus facile d’avoir trente ans car ces choix seront derrière toi.

           Alors comment vivre tes vingt ans ?

 

           Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, cours-y vite…

  Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, il va filer…

 

  Vas-tu suivre ces vers de Paul Fort en courant après des illusions, parce que le monde te dit que le bonheur est là à portée de main ? Mais quel bonheur nous offre-t-on si facilement ?

  Le bonheur facile, justement, c’est-à-dire celui qui s’offre sans effort, banalisé. Mais il passe bien vite car il n’est pas enraciné dans le temps, et le renoncement.

  Un bonheur sans lendemain qui risque fort de te rendre en fait bien malheureuse pour longtemps, car trop souvent, il prend sa source dans la légèreté quand ce n’est pas dans le péché…

  D’ailleurs le poème se conclut ainsi :

  Saute par-dessus la haie, cours-y vite, il a filé !

 

  Seras-tu vierge folle ou vierge sage ?

 

  Vierge folle qui attache du prix à ce qui brille, ce qui paraît, et se disperse de mille manières ?

  Qui rêve d’un mari parfait selon des critères humains, une belle apparence, une belle situation, un beau nom, ou un bel uniforme. Ou, plus subtilement, qui ne verra que les apparences de piété sans voir le fond de la nature et prendra pour de la modestie ce qui n’est que paresse et refus de faire fructifier ses talents.

  Qui va rêver de fuir peut-être un monde hostile au couvent sans voir que la vie de communauté a ses exigences et qu’il faut un grand réalisme et un grand équilibre affectif pour y rester sa vie durant.

 

  Connais-toi toi-même…

 

  Ton choix de travail et de vie doit se fonder sur une bonne connaissance de toi-même, sans illusions, sans rêves, avec humilité, ce qui ne veut pas dire pusillanimité.

  Apprends un vrai métier, il est loin le temps des dots où la jeune fille restait chez ses parents à attendre… Tu vis dans une époque qui a ses exigences, ne vis pas en arrière…

  Puis, pars sur le terrain à la rencontre de ceux qui ont besoin d’aide, autour de toi. Apprends à sortir de toi-même pour te tester, te mettre en situation et voir ce que tu vaux. Et demande aux aînés, à ceux qui ont ouvert la voie avant toi, de t’aider à te cerner. Ne crains pas les avis désintéressés, aimants car ils voient ton bien. Même s’ils font un peu mal, accepte-les de bon cœur et remercie d’avoir les yeux ouverts.

 

  Celui qui veut bâtir une tour, qu’il commence par s’asseoir et réfléchir

>>>

  >>> Forte, ensuite, de tes rencontres et expériences, réfléchis tranquillement aux opportunités qui se présentent pour savoir si elles te correspondent. Puis si cela est réalisable, renseigne-toi sur les moyens à prendre pour y arriver. Demande, là aussi, conseil et rencontre ceux qui peuvent t’éclairer plus précisément sur ce que tu envisages.

  Ne pense surtout pas que tu vas changer telle situation ou tel jeune homme auquel tu songes. Vivre dans le réel, sans illusions, est le gage de la réussite.

  Ne te précipite pas non plus, et prie pour demander à être éclairée. La retraite est alors un très bon moyen, voire « le moyen » d’y voir clair.

  Une fois que ton âme sera bien fortifiée, laisse toi enfin guider par les évènements que la Providence dirige pour toi…

  Alors sans erreur, tu prendras ton chemin, celui que Dieu t’a tracé.

                  Jeanne de Thuringe

 

A la découverte de métiers d’art : le doreur ornemaniste

Chers lecteurs, nous abordons maintenant la présentation de divers métiers d’art, afin de vous les faire découvrir ou mieux connaître.

           Nous avons rencontré Philippe et Laurence, deux époux qui exercent le métier de doreur ornemaniste depuis plus de 30 ans.

           Foyers Ardents : « Laurence, que signifie le nom « doreur ornemaniste » et quelle formation avez-vous suivie ? »

  Laurence : « Le doreur ornemaniste travaille principalement sur bois ou sur métal aussi, quand il faut pour redorer des grilles, par exemple, comme celles du Conseil d’Etat que nous avions réalisées, il y a quelques années. Sur bois, très souvent les ornements -sculptures, motifs de décoration- sont abîmés. Il faut donc les reconstituer avec de la résine, en relevant sur des parties identiques et saines des empreintes, qui nous serviront à remplacer les parties manquantes. D’où « ornemaniste » …

  Quand cela le nécessite, il faut parfois l’intervention d’un sculpteur sur bois qui va recréer une pièce importante.

  Ce travail nécessite une grande connaissance de l’histoire de l’art afin de savoir dater l’objet dans son époque avec les attributs et allégories qui le décorent pour choisir la teinte d’or qui correspond à sa période.

  Philippe a donc fait une licence d’histoire de l’art avant de travailler en atelier et passer son C.A.P de doreur. Ensuite, il m’a « entraînée » dans ce métier.

  Nous sommes tous les deux issus de familles de restaurateurs ou peintres, qui nous ont donnés le goût du beau et la sensibilité de l’ancien.

  D’ailleurs, jusqu’au XVIIIème siècle, les doreurs étaient rattachés aux peintres et leur nom était « peintre doreur vernisseur ». Une corporation a ensuite été spécialement créée dont le saint patron est saint Eloi, par similitude avec les orfèvres… »

  F.A : « Quelle est votre clientèle ? »

  Laurence : « Nous travaillons pour des particuliers qui nous confient des objets à restaurer : glaces, trumeaux, encadrements de tableaux, sièges ou objets ou bois dorés et/ou polychromés, comme des consoles, statues… mais aussi avec la DRAC (Direction Générale des Affaires Culturelles, qui dépend du ministère de la culture) pour les objets classés, que ce soit mobilier de préfecture, mairie, ou liturgique. Nous restaurons ainsi boiseries en bois doré, maîtres-autels, retables, statues, lutrins, etc… Notre métier est donc varié et chaque fois, l’objet sur lequel nous travaillons est toujours différent à travailler. Nous ne faisons pas de créations. »

  F.A : « Quelles sont les qualités et aptitudes pour exercer ce métier ? »

  Laurence : « Il faut donc le goût de l’ancien et du respect des œuvres d’art, la connaissance approfondie des styles. De la minutie, aussi, car les gestes sont délicats et nous ne pouvons nous contenter « d’à peu près ». Beaucoup de patience également, le travail est long, répétitif. Nous pouvons rester plus d’un an sur une pièce compliquée… >>> >>> Il faut, par ailleurs, des qualités de dessinateur et le sens des proportions quand nous avons à recréer les manques. »

  F.A : « Y-a-t-il plusieurs moyens pour dorer un objet et quelles sont les étapes ? »

  Laurence : « La dorure existe depuis les égyptiens, en témoignent les objets funéraires recouverts de feuille d’or car les égyptiens ont su battre très tôt la feuille d’or. Ce métal inoxydable était, à cause de cela, symbole d’éternité d’où sa présence dans les tombeaux des pharaons et de personnes de haut rang.

         Il existe, comme pour la feuille d’argent, deux techniques : l’une dite à la « détrempe » où la feuille d’or est appliquée au moyen d’eau, l’autre à la « mixtion » où la feuille d’or est posée sur un vernis… La technique à la détrempe est donc très ancienne, tandis que la technique à la mixtion est utilisée depuis le XIXème siècle. »

  Nous verrons la prochaine fois les différentes étapes de la restauration d’un objet doré, et les outils utilisés.

 

  Jeanne de Thuringe