Ce qui manque à l’homme

Ce qui manque à l’homme pour se laisser transformer par la grâce, c’est sans doute de s’y prê- ter, de quitter sa fange, de secouer ses ailes, de les essayer, de renouveler incessamment son essor, de se laisser saisir par le grand aigle aux irrésistibles serres et aux forces géantes ; mais c’est tout d’abord et plus encore de croire à sa vocation royale d’aigle divin, de la comprendre, de s’en pénétrer et d’en vivre. Ce qui est naturel est nécessaire ; ce qui est surnaturel est libre. C’est librement que l’homme se laisse prendre par l’aigle quand celui-ci les ailes grandes ouvertes fond sur lui pour l’associer à son vol.

R.P. Charton, L’âme transformée au Christ

Jésus me regarde

Là où il se trouve, Jésus continue à me regarder. Or il est d’abord au ciel. Peu d’auteurs parlent de ce regard de Jésus du haut du ciel et peu d’âmes semblent y penser. Il est cependant exact de dire, non seulement que ce regard existe, mais que dans la gloire, le regard de Jésus a encore plus de puissance que sur la terre. « Réjouissez-vous, ce sont bien ses yeux qui vous suivent ; c’est bien son cœur humain qui bat pour vous. Cherchez le vrai regard de Jésus et ce chaud regard vous ranimera. »

Chanoine Beaudenom, Les sources de la piété

Mes plus belles pages… Pour les mamans : Berceuse de la Mère-Dieu

Mon Dieu, qui dormez, faible entre mes bras,
Mon enfant tout chaud sur mon cœur qui bat,
J’adore en mes mains et berce étonnée,
La merveille, ô Dieu, que m’avez donnée.

De fils, ô mon Dieu, je n’en avais pas.
Vierge que je suis, en cet humble état,
Quelle joie en fleur de moi serait née ?
Mais vous, Tout-Puissant, me l’avez donnée.

Que rendrais-je à vous, moi sur qui tomba
Votre grâce ? ô Dieu, je souris tout bas
Car j’avais aussi, petite et bornée,
J’avais une grâce et vous l’ai donnée.

De bouche, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour parler aux gens perdus d’ici-bas…
Ta bouche de lait vers mon sein tournée,
O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De main, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour guérir du doigt leurs pauvres corps las…
Ta main, bouton clos, rose encore gênée,
O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De chair, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour rompre avec eux le pain du repas…
Ta chair au printemps de moi façonnée,
O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De mort, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour sauver le monde… O douleur ! là-bas,
Ta mort d’homme, un soir, noir, abandonnée,
Mon petit, c’est moi qui te l’ai donnée.

 

Marie-Noël (1883-1967)

 

Mes plus belles pages… Pour les mamans

Conseil d’Elisabeth de la Trinité à sa sœur Guite, mère de famille nombreuse :

 « Et ta méditation ? Je te conseille de simplifier tous tes livres, de te remplir un peu moins, tu verras que cela est bien meilleur. Prends ton crucifix, regarde, écoute. Ne te trouble pas, quand tu es prise comme maintenant et que tu ne peux faire tous tes exercices : on peut prier le Bon Dieu en agissant, il suffit de penser à Lui. Alors tout devient doux et facile, puisque l’on n’est pas seul à agir et que Jésus est là. 

Quand on l’aime, les choses extérieures ne peuvent distraire du Maître et tu es à la fois Marthe et Marie. Rappelle-toi toujours qu’Il te cherche et qu’Il t’aime. Qu’il veut te transformer en un autre Lui-même : laisse-toi emporter sur ces monts lumineux où se consomme enfin l’Union avec Dieu ! Puisqu’Il demeure en toi, il faut que tu le donnes, que partout et toujours ton âme le rayonne. »

 

 

Nous sommes la jeunesse de Dieu.

Et il est vieux comme le diable, leur monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu… Vieux comme le diable… On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Nous sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur.

François Athanase Charette de La Contrie