La douceur de nos amertumes

Ce n’est pas sans motif que la paix est énumérée par Saint Paul avec la joie parmi les fruits du Saint-Esprit, qu’elle est souhaitée et annoncée si souvent dans l’Evangile par Jésus ou en son nom, promise aux bons et refusée aux méchants. Qu’elle nous est même proposée par le prince des apôtres comme un but à acquérir, comme le résumé de la vie chrétienne. Elle doit accompagner chacun de nos pas, nous endormir dans l’abandon, être la douceur de nos amertumes, le plus efficace stimulant de nos combats, la plus précieuse couronne de notre vie et l’aube déjà blanchissante des triomphes et des joies de l’éternité. C’est qu’en effet Jésus possède le secret de consoler par son Esprit les douleurs et les larmes, de relever les ruines, de féconder les déserts, de faire résonner partout les chants d’allégresse et de louange. Servir Dieu, c’est régner, c’est dominer de haut les contingences de la vie, c’est trouver à leurs morsures impuissantes une caresse génératrice du plus savoureux des bonheurs : se sentir sur la croix, tout près du cœur de Jésus.

R.P. Charton, L’âme transformée au Christ