Alexandrie (Egypte) Destiné à subir quelques aménagements urbains, le quartier de Moharam Bek, à Alexandrie, a fait l’objet d’une campagne d’archéologie préventive. Celle-ci a été plus que fructueuse puisque les archéologues ont mis au jour des structures antiques majeures permettant de documenter un secteur méconnu de l’ancienne Alexandrie. Les recherches ont d’abord dévoilé la présence de bains publics de type tholoi (c’est-à-dire circulaires), caractéristiques de la fin de la période ptolémaïque (323-30 av. J.-C.) ; apparu en Grèce au Ve siècle av. J.C., ce type d’équipement balnéaire est introduit en Egypte dès le IIIe siècle av. J.C. Une autre découverte considérable est celle de vestiges d’une villa romaine dallée de sols en mosaïques ; réalisées selon différentes techniques, celles-ci mettent en lumière le niveau de vie sophistiqué des habitants de cette période. Un petit bassin de baignade était directement relié à la villa par des infrastructures de plomberie avancées ; il comportait un système intégré de gestion de l’eau. On peut également ajouter la découverte de plusieurs statues en marbre de divinités gréco-romaines ainsi que divers objets, parmi lesquels des accessoires liés au commerce. L’ensemble de ces découvertes permet de mieux comprendre l’évolution urbaine de la ville sur une longue période chronologique.
Annequin (France, Pas-de-Calais) Partiellement détruite au cours de la Première Guerre mondiale, l’église Saint-Martin d’Annequin, près de Béthune, fut reconstruite en briques entre 1923 et 1925, dans un style néo-gothique. Un siècle plus tard, en 2025, la commune engagea des travaux de rénovation du monument. Une dizaine de jeunes, employés par une association à vocation d’insertion, furent donc envoyés sur le chantier ; leur mission : gratter les couches de peinture blanche ajoutées récemment sur les murs de l’édifice. C’est alors qu’est apparue, cachée sous plusieurs épaisseurs, une splendide fresque Art déco, ce style propre aux années 1920, qui donne une place majeure à l’ornementation et se caractérise par l’élégance et la préciosité. On peut y contempler la Vierge Marie entourée d’un soleil resplendissant et accompagnée par onze anges. Des tétramorphes – représentations ailées des Apôtres – ont également été retrouvés, et la fresque semble s’étendre sur d’autres parties de l’église ; des recherches supplémentaires sont donc prévues avec, cette fois, l’aide de restaurateurs spécialisés.
Fort Boyard (France, Charente-Maritime) Depuis l’été 2025, le département de la Charente-Maritime a amorcé les travaux de rénovation du célèbre Fort-Boyard, menacé de ruines depuis plusieurs années déjà. L’édifice, inscrit aux Monuments Historiques en 1950, a été construit entre 1803 et 1866 sur ordre du premier consul Napoléon Bonaparte en vue de défendre l’arsenal de Rochefort. Transformé en prison puis abandonné jusqu’à ce que l’émission TV éponyme lui redonne ses lettres de cachet, le Fort Boyard a été racheté par le département en 1989. Néanmoins, l’assaut continuel des flots ainsi que les tempêtes ont fragilisé la construction. C’est pour cette raison qu’a été lancé l’ambitieux projet de sauvegarde destiné à restaurer et protéger – sur le long terme – le bâtiment tout en lui redonnant son aspect d’origine. Il est donc prévu de restituer le havre d’accostage au sud-est (été 2026) ainsi que l’éperon nord-ouest (été 2027) ; à cela s’ajoutera la réfection d’un talus pour entourer l’ouvrage. De profondes cavités dues à l’érosion ont déjà été comblées et les fondations consolidées. Le chantier a révélé quelques surprises archéologiques telles que la découverte d’un morceau de canon datant de la construction ainsi que celle d’un anneau d’amarrage en fonte qui sera repositionné sur le havre. Les travaux amorcés en 2025 devraient se poursuivre jusqu’en 2028, date à laquelle le fort devrait ouvrir pour la première fois au public.