Ce qui manque à l’homme

Ce qui manque à l’homme pour se laisser transformer par la grâce, c’est sans doute de s’y prê- ter, de quitter sa fange, de secouer ses ailes, de les essayer, de renouveler incessamment son essor, de se laisser saisir par le grand aigle aux irrésistibles serres et aux forces géantes ; mais c’est tout d’abord et plus encore de croire à sa vocation royale d’aigle divin, de la comprendre, de s’en pénétrer et d’en vivre. Ce qui est naturel est nécessaire ; ce qui est surnaturel est libre. C’est librement que l’homme se laisse prendre par l’aigle quand celui-ci les ailes grandes ouvertes fond sur lui pour l’associer à son vol.

R.P. Charton, L’âme transformée au Christ