Actualités culturelles

  • Cité du Vatican (Italie)
    C’est en 1967 que l’intellectuel et politicien espagnol José Sanchez de Muniain offrit au pape Paul VI un petit tableau de 45×29 cm représentant un visage de Christ. Celui-ci ne semblait pas présenter d’intérêt artistique particulier et l’oeuvre fut accrochée au mur de la salle des ambassadeurs du palais apostolique. Suite à une campagne de restauration, les spécialistes se sont aperçus que le visage de Jésus avait été retouché maintes fois de façon assez maladroite. En retirant ces repeints (datant probablement des années 1960), la vérité est apparue : il s’agissait en réalité d’une œuvre du célèbre Greco (1541-1614), peintre crétois célèbre pour ses visages allongés à la mode byzantine ! Inachevée, la figure du Christ recouvre elle-même d’autres esquisses du maître. Cette huile sur toile intitulée Le Rédempteur date très certainement des années 1590-1595, époque où Le Greco vivait à Tolède. Elle est exposée jusqu’au 30 juin prochain au palais pontifical de Castel Gandolfo.
  • Paris (France)
    Né en 1825 et mort en 1905, William Bouguereau fut l’un des peintres académiques français les plus réputés du XIXe siècle. Connu et apprécié jusqu’aux Etats-Unis, il réalisa des décors peints pour plusieurs églises de Paris. C’est le cas de l’église Saint-Vincent de Paul, construite entre 1824 et 1844 dans le Xe arrondissement ; on peut y admirer la chapelle de la Vierge, ajoutée en 1869 et ornée d’un splendide cycle peint sur la vie de la Vierge Marie. Réalisé par Bouguereau, cet ensemble magnifique est composé de huit toiles marouflées où l’on reconnaît la maîtrise technique et le style réaliste du peintre. Malheureusement, le temps, l’humidité et la fumée abimèrent ces toiles qui devinrent considérablement noircies et jaunies. Ceci explique la campagne de restauration lancée ces dernières années : dans un premier temps, la toiture en cuivre de la chapelle fut entièrement rénovée (2021) afin d’éviter de nouvelles altérations. Puis six des huit toiles furent reprises une à une : L’adoration des bergers et La Visitation en 2023, L’adoration des mages et La fuite en Egypte en 2024, et enfin Le Christ rencontrant sa mère sur le chemin du Calvaire et La Vierge, Saint Jean et Madeleine au pied de la Croix en 2025. Depuis le début de l’année 2026, il est donc possible d’admirer de nouveau ce bel ensemble, témoin de ce que fut la peinture religieuse en France au XIXe siècle. Espérons que les fonds nécessaires pourront être récoltés pour que L’Annonciation et Le mariage de la Vierge puissent à leur tour retrouver leurs couleurs et leur éclat.
  • Rome (Italie)
    Voilà une dizaine d’années que la chercheuse italienne Valentina Salerno concentre ses recherches sur Michel-Ange, illustre et exceptionnel artiste de la Renaissance. Ces travaux acharnés l’ont conduite du Vatican à Paris en passant par les plus grandes villes d’Europe et l’ont menée à la découverte d’un certain nombre d’archives inédites. Parmi celles-ci, elle affirme avoir trouvé la preuve que Michel-Ange aurait caché un certain nombre d’œuvres dans une pièce secrète qui, selon la chercheuse, existerait toujours ! Cette dissimulation s’expliquerait par la volonté de l’artiste de préserver ses créations pour la postérité. La cachette était surveillée par les élèves de Michel-Ange et ne pouvait s’ouvrir qu’avec une multitude de clés, évitant ainsi qu’une seule personne y pénètre au détriment des autres. Valentina Salerno estime que la pièce secrète se trouve quelque part dans la basilique Saint-Pierre-aux-Liens de Rome (où se dresse également le célèbre Tombeau de Jules II sculpté par Michel-Ange en 1505). Une hypothèse digne d’exciter l’imagination des plus grands chercheurs de trésors !
    Lors de ses recherches, elle a également trouvé des documents permettant d’attribuer à Michel-Ange un buste du Christ-Sauveur situé dans la basilique Sant’Agnese de Rome.
  • Saint-Denis (France)
    Depuis quelques mois déjà, le chantier de reconstruction de la tour nord et de la flèche de la basilique Saint-Denis a débuté. Par la même occasion, il est devenu possible de visiter « la fabrique de la flèche », ce qui permet d’assister en direct au travail de reconstitution des artisans. Une occasion unique de s’immerger dans un chantier médiéval et d’en comprendre l’ampleur par un contact direct avec les tailleurs de pierre, forgerons, etc. Au-delà de ce « village des artisans », une exposition permanente intitulée « une flèche pour Saint-Denis » retrace l’histoire de la basilique, de sa flèche et des grands chantiers médiévaux à l’aide de maquettes, de vidéos et de dispositifs interactifs. Une salle de réalité virtuelle permet de se mettre dans la peau d’un bâtisseur de cathédrale pendant quelques minutes. Quant aux enfants, ils ne sont pas oubliés puisqu’un espace leur est dédié avec des ateliers créatifs et des activités adaptées aux différents âges pour leur faire découvrir les métiers artisanaux.