Etre doux et humble de cœur

Il est toujours plus facile de s’irriter que de patienter, de menacer un enfant que de le persuader.

Écartez tout ce qui pourrait faire croire qu’on agit sous l’effet de la passion. Il est difficile quand on punit de conserver le calme nécessaire pour qu’on ne s’imagine pas que nous agissons pour montrer notre autorité ou pour décharger notre emportement. Mettons-nous à leur service comme Jésus qui est venu pour obéir, non pour commander. Redoutons ce qui pourrait nous donner l’air de vouloir dominer et ne les dominons que pour mieux les servir. C’est ainsi que Jésus se comportait avec ses apôtres en supportant leur ignorance, leur rudesse et même leur manque de foi. C’est pourquoi il nous a dit d’ap- prendre de lui à être doux et humbles de cœur. Éloignons toute colère quand nous devons corriger les manquements ou du moins modérons-la pour qu’elle semble tout à fait étouffée. Pas d’agitation dans notre cœur, pas de mépris dans nos regards, pas d’injures sur nos lèvres. Ayons de la compassion pour le présent, de l’espérance pour l’avenir : alors vous serez de vrais pères et vous accomplirez un véri- table amendement. Dans les cas très graves, il vaut mieux vous recommander à Dieu, lui adresser un acte d’humilité que de vous laisser aller à un ouragan de paroles qui ne font que du mal à ceux qui les entendent et d’autre part ne procurent aucun profit à ceux qui les méritent.

 

Saint Jean Bosco, Livre des Heures