Notre combat pour le règne de Jésus Christ   dans nos familles

L’histoire a prouvé que tout est à ceux qui sont au Christ. Hélas, elle montre aussi que depuis deux siècles, la France, mais aussi beaucoup de pays d’Europe et même du monde entier, ayant renié leur Créateur, ont tout perdu, comme l’enfant prodigue ! Heureusement, nous savons que les moyens d’obtenir une résurrection sont à notre portée, et plusieurs papes ont prophétisé que la France se relèverait. Mais Dieu respecte notre liberté et attend que nous affirmions sans fausse honte notre foi en prenant les moyens nécessaires pour « tout restaurer dans le Christ ».

Nous savons combien la ruine de la famille a été promulguée par les lois opposées à la doctrine de l’Eglise : ne plus respecter la vie, favoriser le divorce, prôner l’égalité homme-femme…on a tout mis en œuvre pour oublier les enseignements laissés par les parents, et bafouer l’héritage moral et matériel de ce qui constitue la famille. En un mot, tout l’ordre voulu par Dieu dans notre société a été banni !

Nos ennemis savent bien, eux, que la force et la prospérité d’une nation est la puissance de ses vertus morales, et que c’est l’éducation familiale qui soutient les traditions et les maintient. Quoi de mieux pour eux que de faire perdre au peuple ses traditions et son idéal ?!

L’abolition de ces lois révolutionnaires doit passer par la renaissance des traditions familiales qui permettent de raviver un esprit de famille contre cet esprit d’individualisme qui éloigne notre société de son but réel : tourner les âmes vers Dieu.

Mais alors comment s’y prendre pour restaurer le règne de Jésus-Christ dans nos familles ? Je dirais que cela tient essentiellement en deux mots : Ora et Labora[1].

Ora :

Outre la connaissance et le respect de la doctrine de l’Eglise qui, à l’image de Jésus-Christ, « rend témoignage à la Vérité », le domaine de la prière offre des moyens innombrables. On y trouve évidemment le chapelet quotidien en famille ou le quart d’heure d’oraison quotidien. Mais deux moyens supplémentaires et recommandés par l’Eglise sont là pour nous aider : la consécration des familles au Sacré-Cœur demandée par Notre-Seigneur à sainte Marguerite Marie, et la consécration au Cœur Immaculé de Marie sollicitée par la Sainte Vierge auprès des enfants de Fatima.

Labora :

C’est une doctrine constante de l’Eglise que la nécessité d’unir prière et travail. Impossible de dire ici tout ce qu’il est possible ou même simplement nécessaire de faire. L’abbé Augustin Lémann nous dit que « les deux premiers moyens à employer pour obtenir la guérison d’une nation aux prises avec la mort sont la prière et la pénitence ». Or, à Fatima, Notre-Dame nous dit clairement que la pénitence qu’elle souhaite pour nous, c’est l’accomplissement de notre devoir d’état. Et notre devoir d’état aujourd’hui est d’exercer pleinement toutes nos responsabilités dans tous les domaines qui nous concernent directement : nos familles, nos écoles, nos paroisses, notre travail, ainsi que les groupes que nous côtoyons : associations, groupes d’amis…

Pour agir il faut avoir lu la position des enseignements de l’Eglise sur la famille, le choix des écoles, ce qui concerne la vie…et la mort, etc…afin de la vivre toujours plus parfaitement et de pouvoir en témoigner.

Occupons-nous d’abord de notre prochain avant de nous lancer dans une charité lointaine…

Travaillons avec humilité : certes il s’agit là de contribuer à établir le règne du Christ, tâche parmi les plus nobles qui soient ; mais n’oublions pas que notre rôle se rapproche plus de celui du petit âne portant le Christ le jour des rameaux que de celui de son auguste cavalier. En effet, que penserions-nous si le petit âne, tournant la tête à droite et à gauche, opinait pour recevoir les hommages adressés à Notre Seigneur ?!

Ensuite, peu importe que nous soyons nombreux à œuvrer pour le règne du Christ ici-bas, ne nous en préoccupons pas : Dieu ne veut pas le nombre, Il veut notre foi. Que cela ne nous décourage pas ! Les apôtres n’étaient qu’une poignée d’hommes, et voyez comme ils ont évangélisé le monde…

Sachons aussi être patients et persévérants…les résultats se font parfois attendre, mais nous ne travaillons pas que pour nous : Dieu a le temps ; Dieu est hors du temps. Et par la communion des saints, rien de ce que nous faisons n’est perdu.

Ainsi le remède est simple, mais Dieu respecte la liberté des hommes et n’agira que si nous agissons. Il ne nous demande pas de faire des choses extraordinaires mais plutôt de « faire extraordinairement les choses ordinaires » ! Nous avons des raisons d’espérer, nous devons les rechercher, car plus nous aurons de raisons d’espérer, plus nous aurons la force et le courage de nous battre ! Le monde passe, la terre tourne, mais Dieu reste. Non seulement le catholicisme traverse le temps, mais aussi il s’impose universellement, non par la force ou le volontarisme, mais par le Vrai, le Bien et le Beau qu’il contient et qu’il engendre. La nature même du christianisme est de s’incarner dans l’humanité et de relever le monde, de rétablir la création dans la Vérité. Tel est le salut apporté au monde par le Christ Roi.

Mettons-nous donc à genoux, consacrons-nous de tout notre cœur au Sacré Cœur et au Cœur Immaculé de Marie, puis accomplissons humblement notre devoir d’état en disant haut et fort :

Règne à jamais le Christ notre Roi dans nos âmes, nos œuvres et nos familles !

Sophie de Lédinghen

(Inspiré en partie des revues de l’Action Familiale et Scolaire n°162 et 225).

[1] Devise bénédictine